Pour certains, mon choix de ne plus consommer de produits animaux peut sembler « extrême ». J’ai souvent entendu des gens (même des végétariens) considérer les véganes comme des extrémistes. Au départ, je partageais moi-même cette opinion, mais maintenant, cela a changé.

Que signifie « être extrême »?

On ne peut pas qualifier un choix d’extrême sans comparer ce choix à la norme. Et la norme est un concept plutôt flou. Elle représente ce qui est considéré comme « normal » aux yeux de la majorité des individus. Mais cette normalité change selon la culture et évolue au fil du temps. Au 18e siècle, avoir des esclaves en Amérique était considéré comme tout à fait normal. Jusqu’à très récemment au Québec, empêcher les femmes de voter, c’était la norme. À cette époque, si un homme souhaitait se battre pour le droit de vote chez les femmes, il était fort probablement considéré comme quelqu’un d’extrémiste.

Il est donc tout à fait juste d’affirmer qu’un choix qui suit la norme n’est pas nécessairement un « bon » choix. Il est simplement considéré comme « normal » dans un contexte donné. Un choix « extrême » est un choix à la limite des balises abstraites imposées par cette normalité. Techniquement, choisir les extrémités, ce n’est ni bon ou mauvais, c’est simplement différent! On a malheureusement la fâcheuse habitude de percevoir de manière péjorative les choses considérées comme différentes, avec comme seul argument qu’elles sont éloignées de la normalité.

Mais qui définit la norme?

Je ne vous apprendrai rien en vous disant qu’à notre époque, les compagnies privées ont malheureusement une très forte influence sur la définition de ce qui est considéré comme normal. Aller au McDonald avec ses enfants est tout à fait normal (malgré les cas d’obésité chez les jeunes qui ne cessent d’augmenter). Acheter des bouteilles d’eau en plastique, c’est maintenant rendu un geste banal, malgré l’impact incroyable sur l’environnement et l’absurdité de la chose. L’industrie du lait au Québec s’assure, en dépensant beaucoup d’argent en publicité, que l’on considère très normal le fait de boire du lait maternel de vache toute notre vie.

Le cas de la cigarette

Retournons un tout petit peu en arrière, seulement 30 ans en arrière. Fumer était considéré comme tout à fait normal. Et pourtant, maintenant, nous savons tous qu’un fumeur sur deux mourra à cause du tabac, ce qui fait en sorte que la norme a évolué vers un monde non-fumeur.

Imaginez un instant que vous fumez. Un jour, vous dites à quelqu’un que vous avez décidé d’arrêter COMPLÈTEMENT de fumer. Personne ne va dire de vous que vous êtes extrémiste, que vous faites un choix beaucoup trop rigide et que vous devriez simplement diminuer de moitié votre consommation de tabac. Non, au contraire, la majorité des gens vont vous encourager.

Pourtant, lorsqu’on parle de consommation de viande et de produits laitiers, responsables d’énormément de problèmes de santé (maladies cardiovasculaires, diabète, cancers), la réaction est différente. Le choix de ne plus en consommer du tout (au lieu de simplement diminuer) est considéré « extrême », uniquement parce que la majorité des gens en consomment encore beaucoup. Et comme nous l’avons si bien vu avec la cigarette, ce n’est pas parce que la majorité fait quelque chose, que c’est nécessairement le bon choix.

En conclusion

Le concept de « choix extrême » ne devrait pas vous influencer lorsque vous réfléchissez à ce qui est le mieux pour votre santé, pour l’environnement, pour les animaux et surtout pour l’avenir de nos enfants. Ne laissez pas la « norme » (autrement dit, ce que la majorité des gens font) dicter vos choix et influencer vos convictions et vos valeurs, puisque nous savons, vous et moi, que le bon choix n’est pas nécessairement celui que tout le monde fait.