On sait tous qu’on ne peut pas acheter le bonheur, mais peut-on le posséder. J’ai toujours aimé collectionner et posséder de nombreuses choses (voir partie 1), mais est-ce que toutes ces possessions en valent vraiment la peine? Pourquoi gardons-nous autant d’objets?

Au cas où

Combien d’objets gardons-nous simplement au cas où nous en aurions besoin? Personnellement, je gardais:

  • Beaucoup trop de vêtements usés au cas où je devrais peindre.
  • Plusieurs articles de cuisine au cas où un jour j’en aurais besoin pour une recette.
  • De nombreux dictionnaires et ouvrages de références au cas où j’aurais besoin de vérifier une règle précise de français.
  • Mes notes de cours d’université (et même du cégep!) au cas où j’aurais besoin de les relire.
  • Des relevés de cartes de crédit datant de plusieurs années au cas où il me les faudrait.
  • Des boîtes et des boîtes de souvenirs au cas où j’aurais envie de les revivre.
  • Et, bien sûr, je gardais (et je garde encore) beaucoup de jeux, au cas où j’aurais envie d’y rejouer…

Je gardais tout cela parce que posséder est rassurant. Je me sentais en sécurité de savoir que si un jour j’avais besoin de quelque chose, eh bien je l’aurais à quelque part.

Bien sûr, cela peut arriver qu’on ait finalement besoin de quelque chose qu’on avait précieusement gardé. Mais est-ce que cela arrive si souvent que ça? Dans mon cas, je gardais tellement de choses, que j’oubliais ce que j’avais. Combien de fois il m’est arrivé d’aller me procurer quelque chose au magasin sans me rappeler que j’avais déjà cet objet quelque part dans une boîte…

La réalité, c’est que nous n’avons pas besoin de la très grande majorité des choses que nous gardons « au cas où ». Si jamais un jour, nous devions en avoir réellement besoin, nous pourrions en procurer de nouveaux exemplaires (ou des objets très similaires) très facilement autour de nous.

Ces objets qui prennent la poussière

Nos maisons sont remplies d’objets que l’on garde « au cas où », comme si nous devions prévoir tous les scénarios possibles. Ces objets prennent la poussière et pourtant, d’autres personnes pourraient en avoir véritablement besoin.

Pensons aux familles plus démunies, aux personnes qui n’ont pas le luxe de pouvoir accumuler des biens. Est-ce que plusieurs objets que nous gardons « au cas où » pourraient être utilisés dès maintenant et beaucoup plus souvent par d’autres personnes?

Et si donner nos possessions peut nous faire peur, pourquoi ne pas opter pour le partage à la place? Je suis convaincu que plusieurs personnes de mon entourage conservent à peu près les mêmes objets que moi. Nous pourrions comparer ce que nous gardons avec nos proches et conserver qu’un seul exemplaire de chaque objet. Si jamais l’un de nous finit par avoir besoin d’un truc en particulier, celui ou celle qui conserve cet objet pourra le lui prêter!

Finalement…

J’ai essayé pendant de longues années de posséder le bonheur et je n’arrivais jamais à un sentiment de satiété où j’aurais pu me considérer enfin 100% heureux. Je voulais toujours quelque chose de plus!

Au final, je ne crois pas qu’on peut posséder le bonheur! Il n’est pas une chose qui peut nous appartenir! Je crois par contre qu’on peut le partager et le multiplier. Je ne prétends pas avoir trouvé la recette du bonheur, je constate simplement qu’il ne se retrouve pas à l’intérieur de ce que nous possédons, mais bien parmi nos actions et nos relations avec les autres. Je crois de plus en plus qu’il est là, tout près de nous, disponible pour tout le monde. Arrêtons de vouloir l’acquérir et le mettre dans une étagère ou dans une boîte au sous-sol… juste pour voir!